Avis à mon lecteur, s'il existe... (je n'ose en effet, employer le pluriel).
Traversant une période de travail intense, je compte ralentir grandement la fréquence de publication de ce blog.
J'entends déjà vos cris de désespoir, vous qui êtes si nombreux à laisser vos commentaires sous les billets et qui suivez, haletants, les récits que j'expose ici au grand jour. Et bien, soyez patients.
L'auteur.
samedi 3 mai 2008
Avis
dimanche 27 avril 2008
Perspectives professionnelles
Tout ceci se passait à la fin du mois de novembre 2007. Mon premier travail, celui que j'avais quitté en même temps que la France m'avait laissé un pécule plutôt conséquent. J'avais de l'argent. Richard en avait un besoin urgent. Je n'avais pas (et je n'ai toujours pas, du moins à ma connaissance) de descendant à qui laisser un quelconque héritage. Et puis, il faut bien commencer un jour à faire une bonne action.
C'est fort de cet état d'esprit que je me présentais chez Richard le lendemain. Nous étions assis sur sa terrasse, face à l'océan, quand je lui expliquais, dans les meilleurs termes, que j'avais de l'argent et que cela me ferait plaisir de sauver son club, dans la mesure où j'y travaillais aussi. Richard refusa l'offre, il me dit qu'il ne pouvait accepter une telle somme. Il était buté et je dus insister longuement avant qu'il finisse par accepte. Il eut la politesse de ne pas me demander d'où provenait cet argent. Malgré cela, il n'accepta que sous une condition. Il était complètement hostile à l'idée que je lui donne cette somme sans contrepartie. Il me fit alors une proposition à laquelle, honnêtement, je ne m'attendais pas. Nous savions tous les deux qu'il ne pourrait pas me rembourser une telle somme. Il accepta donc cette somme, non pas comme un don de ma part, mais comme un prix d'achat. Il voulait en effet me donner en échange de cet argent l'équivalent en propriété dans son club. Il me proposait de devenir son associé, et même plus que cela. En effet, sa dette équivalait au moins au trois quarts de la valeur du club. Je lui dis que j'étais flatté, mais que je n'avais jamais dirigé ce genre d'endroits et que je ne savais pas si j'en étais capable. Il leva mes doutes en me disant qu'avant de venir ici, il était journaliste. Je n'y avais jamais songé mais l'idée était plus que séduisante…
Voilà comment je suis devenu le patron du Blue Parrot.
vendredi 25 avril 2008
mercredi 23 avril 2008
Le marché
Avant de pouvoir écrire sur mon présent, je dois en finir avec ce qu'il m'est arrivé depuis que je suis sur l'île.
Richard était donc devenu mon ami. Je le considérais plus comme tel que comme mon patron. Plus je passais du temps au club et plus je me rendais compte de certaines choses. Je m'y rendais depuis trois semaines, aussi je pensais avoir mis un nom sur les visages de tous les habitués. Mais ce soir-là se présenta un homme que je n'avais jamais vu. L'homme dégageait quelque chose de royal. Il avait en effet l'assurance des puissants, escorté qu'il était de deux gros bras et de trois jeunes femmes. L'une d'elles n'était d'ailleurs pas toute à son attention car elle accompagnait l'avocat Nick Wong qui semblait être un intime de l'homme.
La famille Wong est une famille importante de l'île, ayant émigré de Chine au début du XXème siècle, ils ont investis presque tous les domaines de l'économie mauritienne. Bien qu'il ait un cousin ministre, Nick, à trente et un ans, peut déjà se targuer d'être l'avocat le plus connu de l'île Maurice.
L'homme vers qui tous les regards se tournaient s'appelait Francis Voorlegt. Monsieur Voorlegt est sans conteste un homme puissant. Il est le propriétaire d'hôtels de luxe, de plusieurs restaurants et d'un grand casino juste à la sortie de Port Louis. Lui-même né à Maurice, sa famille s'est implantée dans l'île lors de la période hollandaise. Il est à l'heure actuelle la plus grosse fortune de l'île.
Ce qui me surprit ce soir-là, c'est le comportement de Richard. Richard n'avait pas pour principe de faire de régime de faveur pour ses clients, aussi importants soient-ils. Mais ce soir-là, il se précipita accueillir Monsieur Voorlegt, et chose encore plus inhabituelle, il s'attarda un long moment à sa table. Assis au bar, je les observais tout en discutant avec Sacha. Lui aussi avait remarqué et jetait de temps à autre des regards inquiets en direction de leur table. Nous les observions tout en feignant d'avoir une conversation désinvolte quand une chose encore plus étrange se produisit. Richard et Monsieur Voorlegt se levèrent de table, suivis d'un de ses "protecteurs" et il les fit monter dans le bureau, à l'étage. Je m'apprêtais à les suivre quand Sacha me fit signe de rester écouter l'orchestre.
Une demi-heure plus tard, les deux hommes redescendirent s'asseoir à leur table sans Richard. Je m'empressais de monter au bureau, passant devant Lisa sans même la regarder alors qu'elle m'accueillait de son habituel grand sourire. Elle resta interloquée, sans réagir face à mon empressement. Je craignais le pire. La porte était ouverte. Richard était assis au bureau, avec pour seule source de lumière, une lampe de banquier. Il lisait nerveusement des papiers posés devant lui alors que s'élevait à côté de lui la fumée d'une cigarette allumée posée dans le cendrier, à côté d'un verre de scotch. La porte fenêtre menant sur le balcon était ouverte, laissant entrer une légère brise. Quand il me vit, la pression sembla le quitter. Je m'assis en face de lui et je lui demandais de m'expliquer à quel point la situation était mauvaise.
Richard avait eu des problèmes. Une affaire qu'il avait voulu monter et qui avait mal tourné. Il en était arrivé à devenir le débiteur de Monsieur Voorlegt, chose qui pouvait se révéler dangereuse car pour qu'il se déplace en personne, ce ne devait pas être une petite somme. Monsieur Voorlegt avait fait une offre à Richard, il lui proposait d'oublier sa dette en échange de son Club. Grand seigneur, il lui laissait une semaine pour réfléchir à son offre. Richard était vraiment accablé. Il était déjà très tard, aussi, après avoir tenté de le réconforté, je l'ai raccompagné chez lui, dans la maison qu'il occupe avec sa femme Maria, au bord de la mer.
J'écrirais bien la suite, mais je suis en retard, c'est l'heure de descendre au club.
dimanche 20 avril 2008
samedi 19 avril 2008
The Blue Parrot
Quand je ne jouais pas, je venais passer mes soirées au club. Si bien que cet endroit est vite devenu ma deuxième maison. Pour la clientèle, comme pour le personnel, la tenue de soirée est de rigueur, on n'y croise en effet le gratin de la société de l'île qui ne partage ses soirées qu'entre trois ou quatre lieux de vie nocturne. J'ai dû, à cause de cela renouveler mon stock d'habits de soirée.
À force, j'ai vite fait de connaître tous ceux qui y travaillent et de devenir familier avec eux. Le club, situé légèrement sur les hauteurs de la ville est composé comme suit : À l'entrée, on tombe toujours sur Lisa Connings, petite chose fragile, mais pleine d'énergie, cette anglaise se charge d'accueillir la clientèle et de gérer le vestiaire.
Lorsque l'on poursuit, on se retrouve dans la grande salle à la lumière tamisée Dans un angle se trouve le bar derrière lequel se tient toujours Sacha. Sacha est le barman du Blue Parrot. Russe d'origine, ce jeune homme de vingt six ans, plutôt frêle, est la gentillesse même. Il est entièrement dévoué à Monsieur Ugarte.
À l'autre bout de cette grande salle remplie de tables et de chaises se trouve une petite estrade pour l'orchestre et en bas, le piano à queue de Lewis. Lewis n'a pas d'âge, il pourrait avoir trente cinq ans comme cinquante cinq. Il vient de la Nouvelle Orléans et pourrait facilement se faire passer pour Luis Armstrong si ce dernier était encore vivant. Je crois qu'il travaillait déjà pour Monsieur Ugarte aux Etats-Unis.
Outre les musiciens dont je fais partie, s'agitent dans cette salle tout un lot de serveurs mené par Grégoire, le maître d'hôtel réunionnais.
Lorsque l'on poursuit, on trouve une porte dans un coin de la grande salle, cette porte à double battants donne sur un escalier qui mène au sous-sol, à la salle de jeu. Le club abrite en effet une salle de jeu où l'on pourra trouver, fidèles au poste les deux croupiers, Nyklos et Vikram.
La présence de cette salle de jeu n'est qu'un secret de polichinelle. Le club bénéficie de la bienveillance du chef de la police de Port Louis dans la mesure où ce dernier est assuré de gagner à la roulette.
D'autres personnes tout à fait dignes d'intérêt travaillent également ici, mais je suis fatigué d'écrire pour aujourd'hui sur ma vie à l'île Maurice. De plus, je me suis permis une pause, mais je devrais être au Club à l'heure qu'il est. Le devoir m'appelle…
jeudi 17 avril 2008
Mauritius
Port Louis, Archipel des Mascareignes…
Avant, j'aimais bien noircir des cahiers, raconter ce qu'il m'arrivait. C'est sûrement l'ennui qui me pousse à recommencer aujourd'hui. Les journées sont calmes, surtout la fin d'après midi. La dernière fois, cela devait être un peu avant mon départ, quand j'étais encore à Paris. Ils s'en sont passé des choses depuis le mois d'octobre… Je n'aurais pas le temps de tout raconter aujourd'hui.
Après cette dernière affaire, j'avais décidé de laisser tomber ce travail qui me fatiguait. Une fois mes affaires réglées à Paris, j'avais pris deux billets allé simple pour Port Louis. Au final, j'ai voyagé à côté d'un fauteuil vide…
Arrivé ici, j'ai loué une petite maison un peu à l'extérieur de Port Louis. J'ai pris mon temps. Pendant une dizaine de jours, je me suis reposé, j'ai fait le vide. J'en ai profité pour faire de la plongée, explorer l'île, le plateau central. Je ne m'étais pas trompé, cette île est vraiment fascinante, à tous points de vue. Après ce repos bien mérité, je me suis mis à chercher un travail, l'oisiveté étant la mère de tous les vices.
Le Blue Parrot est un club de Jazz à l'architecture Art Déco. Un vestige des années folles, sorte de paquebot rétro planté dans la terre de cette île. Comme beaucoup de monde à Port Louis, je m'y rendais pour écouter la musique. L'orchestre y est très bon, surtout leur pianiste. À force d'y aller, j'ai éveillé la curiosité du patron, Richard Ugarte. Richard est américain. Il est arrivé sur l'île il y a une vingtaine d'année, à quarante ans, après avoir quitté la Floride. Je ne sais pas exactement ce qui l'a poussé à venir s'installer ici. Le fait est qu'il me trouvait sympathique et qu'il avait besoin d'un musicien pour son orchestre. Voilà comment j'ai commencé à jouer du saxophone au Blue Parrot trois soirs par semaine.
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